Félibrée de Sceaux

Sceaux est souvent considérée comme une sorte d’enclave méridionale en Île-de-France. Cette ville connaît en effet une tradition peu commune, née de la découverte que Paul Arène (1843-1896) et d’autres membres de la société amicaliste méridionale «La Cigale», y firent, en 1877, de la tombe de Jean-Pierre de Claris de Florian, fabuliste, romancier et auteur dramatique de la deuxième moitié du XVIIIe siècle (né en 1755 à Sauve et mort en 1794 à Sceaux). Au retour de leur promenade ils déposèrent une brassée de fleurs sur la tombe du poète et se promirent d’amener en ce lieu les autres écrivains parisiens de langue d’oc.

Originaire du Languedoc, Florian avait situé l’action de son roman pastoral Estelle sur les bords du Gardon et avait enrichi cet ouvrage en français d’une chanson en «languedocien». Cela lui valait d’être considéré comme un précurseur du Félibrige.

A l’occasion de l’exposition de 1878, des fêtes avaient été organisées par La Cigale en l’honneur du Félibrige, prévoyant un pèlerinage sur la tombe de Florian. Le 27 octobre, conduits par Théodore Aubanel, Félix Gras et Maurice Faure, Cigaliers et félibres méridionaux montés à Paris pour l’occasion se réunirent autour du buste de bronze. Maurice Faure expliqua le but de la manifestation. Une tradition était née.

La première félibrée eut lieu à Sceaux dès 1879, présidée par le Baron de Tourtoulon, Président du Félibrige de Paris. En octobre de la même année étaient organisées à Sceaux des fêtes Florian, sous la présidence d’honneur de Victor Hugo, en présence d’Aubanel, Paul Arène, Henri de Bornier et avec la participation de Mounet-Sully.

Dans le souvenir de Florian Cigaliers et Félibres ont donc instauré – et maintenu – avec l’appui des municipalités successives, l’usage de tenir à Sceaux chaque année, à la fin du printemps ou au début de l’été, des festivités qui, à maintes reprises, ont été présidées par d’éminentes personnalités, comme Frédéric Mistral (par deux fois), le poète roumain Vasile Alecsandri, Émile Zola, Anatole France ou, plus près de nous, André Chamson, Hervé Bazin… C’est aussi dans ce cadre qu’ont été érigés au fil du temps les bustes à la mémoire des Félibres les plus renommés. En 1884, la Santo-Estello, assemblée annuelle du Félibrige, se tint en dehors des pays d’oc, à Sceaux, sous la présidence de Frédéric Mistral en personne.

Les guerres suspendirent les félibrées. La tradition reprit après la Libération et en 1948, le Président Vincent Auriol vint prononcer un discours en langue d’oc. En 1950, Sceaux fut proclamée « Cité félibréenne ».

Pour le centenaire de la tradition, en 1978, la municipalité accueillit les délégations venues de Paris et en 1984, Sceaux, cent ans après, organisa de nouveau la Santo-Estello.

La tradition félibréenne est aujourd’hui toujours vivante à Sceaux : en témoignent le réaménagement récent du Jardin des Félibres, les colloques linguistiques et la valorisation des fonds patrimoniaux de l’Institut Florian à la bibliothèque municipale, sans compter les félibrées annuelles.

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