Histoire de la Coupe

Quelques mots sur ce que l’on pourrait appeler « l’Istòri de la Coupo »

Lis ourigino de la Coupo

En gramaci de l’acuiènço facho en Avignoun au pouèto catalan, Don Victor BALAGUER, despatria pèr causo poulitico, e tambèn en testimòni de la fraternita qu’a toustèms  amiga la Catalougno e la Prouvènço, li patrioto catalan et lis ami de Balaguer an manda au Felibrige un presènt de grand pres. Es uno coupo d’argènt adourablamen ciselado.

Prouvèn d’uno souscricioun de dès-e-vue-cènt signaturo ; e s’es facho à Paris encò de l’argentié Jarry, pèr raport is evenimen d’Espagno, qu’an empacha de coumpli l’obro à Barcilouno.

Veici coume es la coupo : es uno counco de formo antico, supourtado pèr un paumiè. I’a contro lou paumié, drecho e se regardant dos gènti figurino que represènton coume sorre la Catalougno e la Prouvènço. La Prouvènço a lou bras dret autour dóu còu de soun amigo, pèr ié marca soun amistanço; la Catalougno met la man drecho sus soun cor e sèmblo dire gramaci.

Es un groupe amirablamen crea, e reüssi, pèr l’estatuaire Fulconis, d’Avignoun, e que fai double ounour à l’artisto. Devèn dire eici, en efèt,  que quand Fulconis, en quau aquéu travai s’èro fisa (car abitavo à Paris), aprenguè la destinacioun patrioutico de l’óujèt, refusè pèr sa man pagamen, e generousamen dounè soun art divin à l’idèio pouético e naciounalo.

Au pèd de chasco figurino, vestido latinamen e lou sen nus, i’a dins un escussoun, lis armarié que la designon.

A l’entour de la conco e en deforo,  escri sus uno veto envertouiado emé de lausié, se legisson li mot seguènt :

« Record ofert pèr patricis  catalans als felibres provenzals per la hospitalitat donada al poeta Victor Balaguer. 1867 ».

E sus lou pedestau soun finamen gravado aquéstis àutris iscripcioun:

« Morta diuhen qu’es, Mès jo la crech viva » V. Balaguer

« Ah! se me sabien entèndre!  Ah! se me voulien segui ! » F.  Mistral

Les  origines  de la  Coupo

En remerciement de l’accueil fait à Avignon au poète  catalan Don Victor BALAGUER, expatrié pour cause politique et aussi  en témoignage de la fraternité qui, de tous temps, a rapproché la Catalogne et la Provence, les patriotes catalans et les amis de Balaguer ont envoyé au Félibrige un cadeau de grand prix. C’est une coupe d’argent adorablement ciselée.

Elle provient d’une souscription de 1800 signatures ; et a été commandée à Paris chez l’orfèvre Jarry, ce sont les évènements d’Espagne qui n’ont pas permis  de la fabriquer à Barcelone.

Voici la description de la Coupo : c’est une conque de forme antique, supportée par un palmier. Debout contre le tronc du palmier deux charmantes figurines se regardent, elles représentent comme deux sœurs la Catalogne et la Provence. La Provence a le bras droit autour du cou de son amie, pour lui marquer son amitié ; la Catalogne met la main droite à son cœur et semble dire merci.

C’est une coupe admirablement réussie, ciselée par le sculpteur Fulconis d’Avignon, qui  honnore doublement l’artiste, devons-nous  dire, car lorsque Fulconis, à qui le travail avait été  commandé (il habitait à Paris à l’époque), apprit  la destination patriotique de l’objet, refusa le paiement de sa main-d’œuvre, et généreusement donna son art divin à l’idée poétique  et  nationale.

Aux pieds des deux  figurines vêtues d’une toge latine  et le sein nu, se trouve un écusson aux armoiries qui la désignent.

Autour de la conque  et  au dehors, écrit sur une bande tréssée avec du laurier peut se lire l’inscription suivante:

« Souvenir offert par les patriotes catalans aux félibres provençaux pour l’hospitalité donnée au poète catalan Victor Balaguer. 1867 ».

Sur le piedestal sont finement gravées les inscriptions suivantes:

« Elle est morte, disent-ils, Mais je crois qu’elle est vivante »  V.  Balaguer

«Ah!  s’il  savaient  m’ entendre! Ah!  s’ils  voulaient  me  suivre! »  F. Mistral

Quelques  explications

Frédéric Mistral est né le 8 septembre 1830 à Maillane dans les Bouches du Rhône, il y est resté pratiquement toute sa vie, à l’exception de brefs voyages. Il y est décédé le 25 mars 1914.

Il est bien sûr le plus grand poète provençal, il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1904.

Ses principales œuvres sont : Mirèio, Calendau, Nerto, Lou Pouèmo dóu Rose, lis Isclo d’or, lis Oulivado, Lou Tresor dóu Felibrige, Memòri e raconte. Elles ont été traduites dans de nombreuses langues étrangères, y compris en français.

En 1854, Frédéric Mistral et six autres poètes provençaux : Aubanel, Brunet, Giera, Mathieu, Roumanille, Tavan, fondent, au château de Font-Ségugne, près d’Avignon, le Felibrige : Mouvement destiné à redonner son rang, son honneur et sa noblesse à la langue provençale.

Ce mouvement existe toujours, il a à sa tête un Capoulié (président) et 49 Majourau formant le Consistoire (Conseil d’Administration). Vous pouvez adhérer au Félibrige.

Mistral a participé au mouvement des idées de son temps. Il était un partisan convaincu du Fédéralisme.

En 1867 en Catalogne un puissant mouvement fédéraliste se dresse contre l’Etat espagnol, il est conduit par Victor Balaguer, Jacinto Verdaguer, Milos y Fontals. Pendant quelques temps ces derniers sont déclarés indésirables en Espagne et la reine Isabelle II les exile.

Jean Brunet, fondateur du Félibrige aux côtés de Mistral, lié à certains des exilés catalans, leur offre l’hospitalité des félibres provençaux. Les catalans passent quelques mois en terre provençale puis regagnent leur pays.

Au mois d’août les catalans sont invités par les félibres provençaux ; un grand banquet se déroule à Font-Ségugne, les catalans, en remerciement de l’accueil fait par les félibres lors de leur exil, offrent une coupe en argent aux félibres. Mistral prévenu de ce cadeau compose «la Cansoun de la Coupo». Elle contient 7 couplets de 4 vers et un refrain de 5 vers.

Mistral croyait avoir composé cette Cansoun sur l’air de «Guihame, Tòni, Pèire» un noël de Saboly (noëlliste comtadin du XVIIème s.), des recherches ultérieures ont permis de savoir que le noël est d’un certain frère Sérapion (XVIIème s.) sans qu’on soit sûr que la musique soit de ce même frère.

La Cansoun de la Coupo, appelée couramment :«la Coupo Santo» est devenue l’hymne national des provençaux.

Lors du banquet de 1867, tous les participants avaient bu un peu de Chateauneuf du Pape dans la Coupo.

En temps normal la Coupo est conservée dans un coffre, traditionnellement elle «sort» au moins une fois l’an au moment de la Santo Estello (fête annuelle des félibres se déroulant pour Pentecôte dans une grande ville du pays d’Oc). A la fin du banquet de la Santo Estello, le Capoulié du Felibrige prononce un discours puis boit à la Coupo (du vin de Chateauneuf du Pape). Ensuite tous les félibres peuvent boire aussi à la Coupo.

La Cansoun de la Coupo se chante le plus souvent à la fin d’une manisfestation provençale. Habituellement on chante les couplets 1, 2 et 7, encore que certains aiment remplacer le couplet 2 par le troisième …. Le dernier couplet se chante un peu plus lentement et solennellement ;  pour chanter ce dernier couplet on se lève, encore que certains chantent la totalité de la Coupo Santo debout (c’est un hymne national …!), les hommes se découvrent. Au dernier couplet aussi, les hommes se découvrent.

Après avoir chanté la Coupo on ne doit pas applaudir.

En 1877 les félibres provençaux invités en Catalogne ont offert à leur tour une Coupo aux catalans. Celle-ci a été cachée de 1939 (chute de la Catalogne) à 1974 (mort de Franco). Elle est conservée à la Generalitat de Catalogne à Barcelone.

A consulter :

Louis Guillaume Fulconis 1818-1873 statuaire une vie d’amitié (Provence, Algérie, Normandie, Paris), ouvrage de 685 pages d’André Pierre FULCONIS dans lequel une très importante place réservée à la Coupe développe la genése, l’historique, le symbolisme, la signification, l’œuvre, le chant…

« Presenta en quatre gràndi partido (uno biougrafìo forço desvouloupado, uno tiero dis obro detaiado que-noun-sai, un long debana de doucumen justificatiéu, quàuqui 96 pajo d’ilustracioun), aquelo remarcablo e drudo publicacioun laisso amiratiéu davans lou travai de l’autour coume davans l’inmensita e la resplendour de l’obro de soun rèire-grand. Vai sènso dire qu’uno plaço impourtanto es counsacrado à nosto Coupo e aqui mai li detai aboundon e pivellon. » J.M.

Pour correspondre avec l’auteur indépendant, membre de l’A.A.A. :

André Pierre FULCONIS 84750 Saint-Martin-de-Castillon  –  and.fulconis@wanadoo.fr

 

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