Histoire de la Coupe

La Coupe en argent

 Une Coupe, fut offerte au Félibrige en remerciement de l’hospitalité faite en Avignon par les félibres provençaux, le primadié Jean Brunet en tête, au poète et fédéraliste catalan Victor Balaguer, momentanément exilé par la reine Isabelle II pour raisons politiques, et aussi en témoignage de la fraternelle amitié qui a toujours lié la Catalogne et la Provence, si étroitement parentes par l’histoire et la langue. Elle est remise solennellement lors d’un banquet qui se tint en 1867 à l’Hôtel du Louvre à Avignon.

Cette Coupe d’argent d’une hauteur de 16,5 cm, finement ciselée, se présente ainsi : une vasque à l’antique, supportée par un palmier. Sur ce palmier s’appuient, debout et se regardant l’une l’autre, deux gracieuses figures allégoriques qui représentent, comme deux sœurs, la Catalogne et la Provence.

Elle fut créée par le sculpteur et statuaire avignonnais Louis Guillaume Fulconis, qui apprenant la destination patriotique de son œuvre, refusa sans hésiter tout paiement. Elle fut par la suite réalisée à Paris, chez l’argentier Jarry, à cause des événements d’Espagne, qui ont empêché l’exécution de cette œuvre d’art à Barcelone.

Chacune des deux allégories, vêtues à la latine, le sein découvert, ont à leurs pieds un écusson armorié qui les désigne. Autour de la vasque, à l’extérieur, sur une banderole entourée de lauriers, sont gravés les mots suivants : Record ofert per patricis catalans als felibres provenzals per la hospitalitat donada al poeta Victor Balaguer, 1867.

On peut lire sur le piédestal les deux inscriptions gravées en catalan et en provençal :

Morta diuhen qu’es,

Mes jo la crech viva

  1. Balaguer

« Elle est morte, disent-ils, mais je la crois vivante »

Ah ! se me sabien entèndre !

Ah se me voulien segui !

  1. Mistral

« Ah ! s’ils savaient m’entendre ! Ah s’ils voulaient me suivre ! »

La Coupe n’est sortie de son coffre qu’une fois dans l’année à l’occasion du congrès annuel du Félibrige appelé « la Santo-Estello » et plus précisément pour le Banquet solennel dit « de la Coupe » au cours duquel le Capoulié du Félibrige prononce un imposant discours avant d’y boire selon l’usage hérité du banquet de 1867.

Toutefois, un événement tout à fait exceptionnel peut justifier la présence de la Coupe. Le Capoulié autorise alors sa sortie comme ce fut quelques fois le cas à Barcelone ou en 2011 pour rendre hommage à son créateur Louis Guillaume Fulconis à Saint-Etienne-de-Tinée… ou encore, certainement en 2017, à l’occasion de son cent-cinquantenaire.

Le chant

 C’est au cours de ce grand banquet qui avait été offert aux Catalans le 30 juillet 1867 que ces derniers, remirent la Coupe. Victor Balaguer prononça un discours fervent et émouvant auquel Frédéric Mistral, prévenu de ce présent précieux répondit en composant « La Cansoun de la Coupo » (7 couplets de 4 vers et un refrain de 5 vers). Il la chanta à cette occasion pour la première fois. Lors du banquet la Coupe passa de mains en mains et chacun y but du vin de Châteauneuf du Pape provenant du vignoble de la famille Mathieu, l’un des sept fondateurs du Félibrige. Ce chant de sept couplets composés de quatre vers de sept pieds et un refrain de cinq vers mêle des sentiments de nostalgie et d’espérance avec un refrain au vigoureux enthousiasme (Mistral croyait l’avoir composé sur l’air de «Guihaume, Tòni, Pèire» un noël de Saboly (noëlliste comtadin du XVIIème s.), des recherches ultérieures ont permis de savoir que le noël est d’un certain frère Sérapion (XVIIème s.) sans qu’on soit sûr que la musique soit de ce même frère), il est devenu naturellement l’hymne du Félibrige, de la Provence et plus largement de l’ensemble des pays d’expression de langue d’Oc.

Les hymnes français et provençal semblent liés sans antinomie. Lors de la guerre 14-18 La Cansoun de la Coupo retentit dans les tranchées en Lorraine, faisant signal aux soldats du Midi. En 1924, le président de la République, Gaston Doumergue, fut accueilli dans les arènes de Nîmes par La Cansoun de la Coupo chantée par des milliers de personnes. Il en fut de même en 1950 à Toulouse pour le Président Vincent Auriol…

L’usage :

 La Cansoun de la Coupo se chante généralement à la fin de manifestations de caractère félibréen, méridional, traditionnel ou régionaliste, mais elle est également chantée dans des manifestations ou cérémonies officielles, publiques ou familiales de tout ordre. D’ordinaire, seulement deux, trois ou quatre couplets (mais toujours le premier et le dernier) sur les sept qui la composent sont interprétés. Le dernier couplet se chantait debout, la tête découverte pour les hommes, un peu plus lentement et solennellement. Cet usage de chanter le dernier couplet debout, comme celui de ne pas applaudir était pratiqué par respect et dans le souvenir des Catalans morts à la guerre de 1914-18, mais on ne sait pas exactement lorsqu’ils prirent effet.

La Cansoun de la Coupo est interprétée dans sont intégralité en certaines occasions spécifiques et à l’issue du Banquet de la Coupo, lors de la Santo-Estello (congrès du Félibrige).

En complément

Mistral était un partisan convaincu du Fédéralisme.

En 1867 en Catalogne un puissant mouvement fédéraliste se dresse contre l’Etat espagnol, il est conduit par Victor Balaguer, Jacinto Verdaguer, Milos y Fontals. Pendant quelques temps ces derniers sont déclarés indésirables en Espagne et la reine Isabelle II les exile.

Jean Brunet, fondateur du Félibrige aux côtés de Mistral, lié à certains des exilés catalans, leur offre l’hospitalité des félibres provençaux. Les catalans passent quelques mois en terre provençale puis regagnent leur pays.

Les catalans, en remerciement de l’accueil fait par les félibres lors de leur exil, offrent donc une coupe en argent aux félibres.

En 1877 les félibres provençaux invités en Catalogne ont offert à leur tour une Coupe aux catalans. Celle-ci a été cachée de 1939 (chute de la Catalogne) à 1974 (mort de Franco). Elle est conservée à la Generalitat de Catalogne à Barcelone.

 

Résolution du 30 juillet 2017

 A l’occasion du cent-cinquantième anniversaire du Chant de la Coupe la tradition évolue.

Désormais chanté debout, on pourra l’applaudir

 Le Félibrige est une nouvelle fois soucieux de défendre une culture tout en respectant l’évolution de nos sociétés. Il suggère que « l’hymne provençal », La Cansoun de la coupo, interprété pour la première fois par Fréderic Mistral le 30 juillet 1867, soit entonné debout et puisse être applaudi. Une évolution notable dans les habitudes pour ce chant célébrant la fraternité et l’amitié entre deux peuples.

 Explications

Parfaitement conscient et respectueux du fait qu’un hymne, même compris au sens de chant identitaire, ne s’applaudit pas, le Felibrige ne saurait mettre en cause cette notion élémentaire de déférence envers le symbole de caractère national et/ou philosophique qu’il représente. Toutefois, prenant en compte des pratiques actuellement constatées, à l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la Coupo, le Consistoire du Félibrige propose de faire évoluer les attitudes, habitudes et traditions relatives à l’exécution de la Cansoun de la Coupo.

– Considérant l’absence de tout témoignage probant sur le moment historique de la remise de la Coupe, on peut aisément imaginer que les convives, lors du banquet du 30 juillet 1867, restèrent assis quand Frédéric Mistral interpréta pour la première fois la Cansoun de la Coupo mais qu’à contrario ils applaudirent chaleureusement.

– Considérant le fait qu’aujourd’hui la tradition de ne pas applaudir un hymne s’estompe peu à peu notamment lors des rencontres sportives, mais également lors d’interprétations en des lieux ou circonstances diverses y compris des instants patriotiques et officiels.

– Considérant aussi que cette expression enjouée et spontanée traduisant engouement et enthousiasme n’est en aucun cas en opposition avec la notion de respect portée aux hymnes.

Le Félibrige, garant de l’héritage moral de Frédéric Mistral, invite désormais à ne plus s’insurger contre les applaudissements qui pourraient ponctuer la Cansoun de la Coupo.

Toutefois, cette indication ne s’appliquera pas dans des cas spécifiques, dans certaines occasions, situations ou lieux dans lesquels il conviendra foncièrement de respecter le silence (où le silence s’impose de lui même).

– Considérant les statuts du Félibrige de 1911 et 1934 qui stipule à l’article 110 : « Au moumen di brinde, lou capoulié canto la Cansoun de la Coupo que tóuti escouton de dre en anant au refrin » (Au moment des brindes le capoulié chante la Chanson de la Coupe que tous écoutent debout).

– Considérant la pratique bien ancrée au fil des années de se lever au dernier couplet, aujourd’hui quelque peu dépassée, les hymnes se chantant debout dans leur intégralité.

-Considérant que dans les rencontres bilatérales entre félibres et Catalans il y a un déséquilibre entre les premiers qui entonnent assis La cansoun de la Coupo et les seconds qui chantent entièrement debout Els Segadors.

Le Félibrige, garant de l’héritage moral de Frédéric Mistral, invite désormais à ne plus s’offusquer de l’attitude naturelle qui conduit à se lever dès le début de la Cansoun de la Coupo.

En conséquence :

A compté du 30 juillet 2017, jour du cent-cinquantième anniversaire de la remise de la Coupo et de la première interprétation de la Cansoun de la Coupo, au regard des faits originels, de l’évolution et des pratiques actuellement constatées :

– le Félibrige préconise de se lever dès le premier couplet de la Cansoun de la Coupo et suggère de ne pas blâmer les personnes qui, dans l’enthousiasme, seraient tentées d’applaudir.

– Le Félibrige invite les hommes à se découvrir la tête dès les premières notes.

– Le Félibrige précise que le dernier couplet chanté (le septième) s’interprète toujours un peu plus lentement et solennellement.

– Le Félibrige recommande toutefois de nuancer entre actes festifs et enthousiastes et actes commémoratifs et solennels. Le silence devra être respecté en des lieux et circonstances particuliers.

 

Recommandations :

– Lorsque la Cansoun de la Coupo est interprétée partiellement pour ponctuer un événement ou une cérémonie, le Félibrige préconise que soient chantés les couplets un, deux, quatre et sept.

– Lorsque la Cansoun de la Coupo est interprétée au cours d’un récital ou d’un concert, elle est considérée comme partie intégrante du spectacle. Libre aux auditeurs de réagir comme ils l’entendent.

– Le titre donné au chant par Frédéric Mistral étant « La Coupo » ou Cansoun de la Coupo, il est conseillé, recommandé d’employer cette dénomination et d’éviter l’appellation de « coupo santo ».

 – Cet exposé relatif à la décision du Consistoire du Félibrige du 26 novembre 2016 à Lavercantière (Lot), fut approuvée par le Conseil Général du Félibrige du 5 juin 2017 réuni lors du congrès du Félibrige dit La Santo-Estello à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

 Le Capoulié du Félibrige

Jacques MOUTTET

14ième successeur de Frédéric Mistral à la tête du Félibrige

A consulter :

Louis Guillaume Fulconis 1818-1873 statuaire une vie d’amitié (Provence, Algérie, Normandie, Paris), ouvrage de 685 pages d’André Pierre FULCONIS dans lequel une très importante place réservée à la Coupe développe la genése, l’historique, le symbolisme, la signification, l’œuvre, le chant…

« Presenta en quatre gràndi partido (uno biougrafìo forço desvouloupado, uno tiero dis obro detaiado que-noun-sai, un long debana de doucumen justificatiéu, quàuqui 96 pajo d’ilustracioun), aquelo remarcablo e drudo publicacioun laisso amiratiéu davans lou travai de l’autour coume davans l’inmensita e la resplendour de l’obro de soun rèire-grand. Vai sènso dire qu’uno plaço impourtanto es counsacrado à nosto Coupo e aqui mai li detai aboundon e pivellon. » J.M.

Pour correspondre avec l’auteur indépendant, membre de l’A.A.A. :

André Pierre FULCONIS 84750 Saint-Martin-de-Castillon  –  and.fulconis@wanadoo.fr

 

Histoire de la Coupe

 

La Coupo d’argènt

Uno coupo fuguè óuferto au Felibrige pèr gramacia li felibre prouvençau, lou primadié avignounen Jan Brunet lou bèu proumié, de l’espitalita qu’acourdèron au pouèto e federalisto catalan Vitour Balaguer, en brèu eisila pèr la rèino Eisabèu II pèr de resoun poulitico, e tambèn en testimòni de la freirenalo amista qu’a sèmpre liga la Catalougno e la Prouvènço, tant estrechamen parènto pèr l’istòri e la lengo. Fuguè remesso d’un biais soulenne à l’óucasioun d’uno taulejado que se tenguè en 1867 à  l’‘Hôtel du Louvre en Avignoun.

Aquesto coupo d’argènt de 16,5 cm d’aut, finamen ciselado, se presènto ansin : uno conco à l’antico supourtado pèr un paumié. Sus aqueste paumié se coton, drecho e s’alucant l’uno l’autro, dos gracióusi figuro alegourico que represènton coume dos sorre, la Catalougno e la Prouvènço.

Fuguè creado pèr l’escultour e estatuàri avignounen Louïs Guihèn Fulconis, qu’aprenènt la destinacioun patrioutico de soun obro, refusè sènso pateteja d’èstre paga. Fuguè pièi realisado à Paris, encò de l’argentié Jarry, pèr l’encauso dis evenimen d’Espagno, qu’empachèron l’eisecucioun d’aquesto obro d’art à Barcilouno.

Caduno di dos alegourìo, vestido à la latino, lou sen descubert, an à si pèd un escudet armouria que li designo. Autour de la conco, à l’esteriour, sus uno bandeireto ournado de lausié, soun grava li mot seguènt : Record ofert per patricis catalans als felibre provenzals per la hospitalitat donada al poeta Victor balaguer, 1867.

Se pòu legi sus lou pedestau li dos iscripcioun gravado en catalan e en prouvençau :

Morta diuhen qu’es

Mes jo la crech viva

  1. Balaguer

« Elle est morte, disent-ils, mais je la crois vivante

Ah ! se me sabien entèndre !

Ah se me voulien segui !

  1. Mistral

« Ah ! S’ils savaient m’entendre ! Ah s’ils voulaient me suivre ! »

La Coupo es levado de soun cofre qu’un cop dins l’annado à l’óucasioun dóu coungrès annau dóu Felibrige que se dis « La Santo-Estello » e mai precisamen pèr la Taulejado soulenno dicho « de la Coupo » que s’acabo pèr un impausant discours dóu Capoulié dóu Felibrige que se i’amouro pièi segound l’amenanço eiretado de la taulejado de 1867.

Pamens un evenimen en plen eicepciounau pòu justifica la presènci de la Coupo. Lou Capoulié autouriso alor sa sourtido coume fuguè de cop que i’a lou cas à Barcilouno o en 2011 pèr rèndre óumage à soun creatour Louïs Guihèn Fulconis à Sant-Estève-de-Tiniò…o encaro, de segur en 2017, à l’óucasioun de soun cènt-cinquantenàri.

 Lou cant

 Es pendènt aquesto grando taulejado qu’èro estado óuferto i Catalan lou 30 de juliet 1867 qu’aquéli d’aqui pourgiguèron la Coupo. Vitour Balaguer prounounciè un discours ferverous e pertoucant. Frederi Mistral prevengu d’aqueste presènt precious, respoundeguè en coumpausant « La Cansoun de la Coupo ». La cantè dins aquesto escasènço pèr lou proumié cop. Pendènt la taulejado la Coupo passè à-de-rèng e cadun ié beguè lou vin de Castèu-Nòu-de-Papo venènt dóu vignarés de la famiho Mathieu, un di sèt foundadou dóu Felibrige. Aqueste cant de sèt coublet coumpausa de quatre vers de sèt pèd e d’un refrin de cinq vers mesclo de sentimen de languimen e d’esperanço em’un refrin d’un vigourous estrambord (Mistral cresié de l’agué coumpausa sus l’èr de « Guihaume, Tòni, Pèire » un nouvè de Saboly  – un autour de nouvè coumtadin dóu siècle XVIIen – De recerco ulteriouro an permés de saupre que lou nouvè es d’un que ié disien lou fraire Serapioun (siècle XVIIen) sènso èstre segur que la musico siegue d’aqueste meme fraire), es devengu naturalemen l’inne dóu Felibrige, de la Prouvènço e, dins uno mai grando espandido, de l’ensèn di païs d’espressioun de lengo d’O.

Lis inne francés e prouvençau sèmblon liga sènso antinoumìo. Pendènt la guerro de 14-18 La cansoun de la Coupo clantiguè dins li trencado en Lourreno, fasènt signau i sóudard dóu Miejour. En 1924 lou Presidènt de la Republico, Gastoun Doumergue, fuguè aculi dins lis areno de Nime pèr la Cansoun de la Coupo cantado pèr de milié de persouno. N’en fuguè parié en 1950, à Toulouso, pèr lou Presidènt Vincènt Auriol…

 L’usanço

 La Cansoun de la Coupo se canto generalamen à la fin di manifestacioun de caratère felibren, miejournau, tradiciounau o regiounalisto, mai es tambèn cantado dins de manifestacioun o ceremounié óuficialo, publico o famihalo de touto meno. D’ourdinàri, soul dous, tres o quatre coublet (mai sèmpre lou proumié e lou darrié) sus li sèt que la coumpauson soun interpreta. Lou darrié coublet se canto de dre, la tèsto descuberto pèr lis ome, un pau mai lentamen e soulennamen. Aquesto usanço, coume aquelo de pas pica di man es praticado pèr respèt e dins lou record di Catalan mort à la guerro de 1914-18, mai se saup pas au just quand coumencè.

La Cansoun de la Coupo es interpretado dins soun entié dins d’ùnis óucasioun especifico e à la fin de la Taulejado de la Coupo pèr la Santo-Estello (coungrès dóu Felibrige).

En complément

Mistral était un partisan convaincu du Fédéralisme.

En 1867 en Catalogne un puissant mouvement fédéraliste se dresse contre l’Etat espagnol, il est conduit par Victor Balaguer, Jacinto Verdaguer, Milos y Fontals. Pendant quelques temps ces derniers sont déclarés indésirables en Espagne et la reine Isabelle II les exile.

Jean Brunet, fondateur du Félibrige aux côtés de Mistral, lié à certains des exilés catalans, leur offre l’hospitalité des félibres provençaux. Les catalans passent quelques mois en terre provençale puis regagnent leur pays.

Les catalans, en remerciement de l’accueil fait par les félibres lors de leur exil, offrent donc une coupe en argent aux félibres.

En 1877 les félibres provençaux invités en Catalogne ont offert à leur tour une Coupe aux catalans. Celle-ci a été cachée de 1939 (chute de la Catalogne) à 1974 (mort de Franco). Elle est conservée à la Generalitat de Catalogne à Barcelone.

Résolution du 30 juillet 2017

 A l’occasion du cent-cinquantième anniversaire du Chant de la Coupe la tradition évolue.

Désormais chanté debout, on pourra l’applaudir

 Le Félibrige est une nouvelle fois soucieux de défendre une culture tout en respectant l’évolution de nos sociétés. Il suggère que « l’hymne provençal », La Cansoun de la coupo, interprété pour la première fois par Fréderic Mistral le 30 juillet 1867, soit entonné debout et puisse être applaudi. Une évolution notable dans les habitudes pour ce chant célébrant la fraternité et l’amitié entre deux peuples.

 Explications

Parfaitement conscient et respectueux du fait qu’un hymne, même compris au sens de chant identitaire, ne s’applaudit pas, le Felibrige ne saurait mettre en cause cette notion élémentaire de déférence envers le symbole de caractère national et/ou philosophique qu’il représente. Toutefois, prenant en compte des pratiques actuellement constatées, à l’occasion du cent-cinquantième anniversaire de la Coupo, le Consistoire du Félibrige propose de faire évoluer les attitudes, habitudes et traditions relatives à l’exécution de la Cansoun de la Coupo.

– Considérant l’absence de tout témoignage probant sur le moment historique de la remise de la Coupe, on peut aisément imaginer que les convives, lors du banquet du 30 juillet 1867, restèrent assis quand Frédéric Mistral interpréta pour la première fois la Cansoun de la Coupo mais qu’à contrario ils applaudirent chaleureusement.

– Considérant le fait qu’aujourd’hui la tradition de ne pas applaudir un hymne s’estompe peu à peu notamment lors des rencontres sportives, mais également lors d’interprétations en des lieux ou circonstances diverses y compris des instants patriotiques et officiels.

– Considérant aussi que cette expression enjouée et spontanée traduisant engouement et enthousiasme n’est en aucun cas en opposition avec la notion de respect portée aux hymnes.

Le Félibrige, garant de l’héritage moral de Frédéric Mistral, invite désormais à ne plus s’insurger contre les applaudissements qui pourraient ponctuer la Cansoun de la Coupo.

Toutefois, cette indication ne s’appliquera pas dans des cas spécifiques, dans certaines occasions, situations ou lieux dans lesquels il conviendra foncièrement de respecter le silence (où le silence s’impose de lui même).

– Considérant les statuts du Félibrige de 1911 et 1934 qui stipule à l’article 110 : « Au moumen di brinde, lou capoulié canto la Cansoun de la Coupo que tóuti escouton de dre en anant au refrin » (Au moment des brindes le capoulié chante la Chanson de la Coupe que tous écoutent debout).

– Considérant la pratique bien ancrée au fil des années de se lever au dernier couplet, aujourd’hui quelque peu dépassée, les hymnes se chantant debout dans leur intégralité.

-Considérant que dans les rencontres bilatérales entre félibres et Catalans il y a un déséquilibre entre les premiers qui entonnent assis La cansoun de la Coupo et les seconds qui chantent entièrement debout Els Segadors.

Le Félibrige, garant de l’héritage moral de Frédéric Mistral, invite désormais à ne plus s’offusquer de l’attitude naturelle qui conduit à se lever dès le début de la Cansoun de la Coupo.

En conséquence :

A compté du 30 juillet 2017, jour du cent-cinquantième anniversaire de la remise de la Coupo et de la première interprétation de la Cansoun de la Coupo, au regard des faits originels, de l’évolution et des pratiques actuellement constatées :

– le Félibrige préconise de se lever dès le premier couplet de la Cansoun de la Coupo et suggère de ne pas blâmer les personnes qui, dans l’enthousiasme, seraient tentées d’applaudir.

– Le Félibrige invite les hommes à se découvrir la tête dès les premières notes.

– Le Félibrige précise que le dernier couplet chanté (le septième) s’interprète toujours un peu plus lentement et solennellement.

– Le Félibrige recommande toutefois de nuancer entre actes festifs et enthousiastes et actes commémoratifs et solennels. Le silence devra être respecté en des lieux et circonstances particuliers.

 

Recommandations :

– Lorsque la Cansoun de la Coupo est interprétée partiellement pour ponctuer un événement ou une cérémonie, le Félibrige préconise que soient chantés les couplets un, deux, quatre et sept.

– Lorsque la Cansoun de la Coupo est interprétée au cours d’un récital ou d’un concert, elle est considérée comme partie intégrante du spectacle. Libre aux auditeurs de réagir comme ils l’entendent.

– Le titre donné au chant par Frédéric Mistral étant « La Coupo » ou Cansoun de la Coupo, il est conseillé, recommandé d’employer cette dénomination et d’éviter l’appellation de « coupo santo ».

 

– Cet exposé relatif à la décision du Consistoire du Félibrige du 26 novembre 2016 à Lavercantière (Lot), fut approuvée par le Conseil Général du Félibrige du 5 juin 2017 réuni lors du congrès du Félibrige dit La Santo-Estello à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).

 Le Capoulié du Félibrige

Jacques MOUTTET

14ième successeur de Frédéric Mistral à la tête du Félibrige

A consulter :

Louis Guillaume Fulconis 1818-1873 statuaire une vie d’amitié (Provence, Algérie, Normandie, Paris), ouvrage de 685 pages d’André Pierre FULCONIS dans lequel une très importante place réservée à la Coupe développe la genése, l’historique, le symbolisme, la signification, l’œuvre, le chant…

« Presenta en quatre gràndi partido (uno biougrafìo forço desvouloupado, uno tiero dis obro detaiado que-noun-sai, un long debana de doucumen justificatiéu, quàuqui 96 pajo d’ilustracioun), aquelo remarcablo e drudo publicacioun laisso amiratiéu davans lou travai de l’autour coume davans l’inmensita e la resplendour de l’obro de soun rèire-grand. Vai sènso dire qu’uno plaço impourtanto es counsacrado à nosto Coupo e aqui mai li detai aboundon e pivellon. » J.M.

Pour correspondre avec l’auteur indépendant, membre de l’A.A.A. :

André Pierre FULCONIS 84750 Saint-Martin-de-Castillon  –  and.fulconis@wanadoo.fr

 

 

 

 

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