Le Félibrige

La fondation

Fondé le 21 mai 1854. Une école littéraire, un mouvement militant, une académie, une philosophie…Tout simplement une réalité de tous les jours.

Le Félibrige est la survivance nationale qui a ses sources profondes dans le passé et dans l’avenir ; il est la grande école d’éducation nationale ; il répond aux nécessités impérieuses d’une langue et d’un peuple qui reprennent conscience d’eux-mêmes. L’œuvre grandiose de Mistral est nourrie de réalité politique et sociale. Ayant du premier coup, marqué la conscience de la réalité linguistique, Mistral, dans toute la suite de son œuvre, nous prodigue la leçon des réalités sociales et des faits vivants…Léon Tessier 

Catalan

Creat en 1854 per Frederic Mistral, et Felibrige té, encara avui dia, la vocació d’afavorir i d’organitzar la salvaguarda i la promoció de la llengua de oc i de tot allò que constitueix la cultura específica dels països d’oc.

Espagnol

Creado en 1854 por Frederico Mistral, el Felibrige tiene, aún en la actualidad, la vocación de favorecer y de organizar la salvaguarda y la promoción de la lengua de oc y de todo aquello que constituye la cultura específica de los paises de oc.

Italien

Creato nel 1854 da Frédéric Mistral il Felibrige ha come vocazione, ancora oggi, di agevolare e mettere in sesto la salvaguardia e la promozione della lingua di oc e di tutto ciò che costituisce la cultura specifica della Francia meridionale.

Allemand

Die Berufung des im Jahre 1854 von Frederic Mistral gegründeten Felibriges est der Schutz und die Beförderung der oc Sprache und der kulturellen Eigentümlichkeit dersüd-französischen Länder.

Anglais

In 1854 Frédéric Mistral created the Félibrige. Nowadays, this association is still devoted to favour, organize, safeguard and promote the oc language and the cultural specificity of the countries of the South of France.

Version originale

Erian dins l’encountrado, un roudelet de jouve, ami coume de gréu, e que nous endevenian, coume se poudié pas miés, pèr aquelo santo obro de reneissènço prouvençalo. E i’anavian dóu tout…
L’astre s’encapitè qu’un dimenche flouri, lou 21 de mai 1854, en pleno primavero de la vido e de l’an, sèt d’aquéli pouèto s’anèron trouva ‘nsèmble au castelet de Font-Segugno : Pau Giera, un galejaire que se signavo Glaup (pèr anagramo de Paul G.); Roumaniho, un proupagaire que, sènso l’èr de rèn, empuravo
de-longo à soun entour lou fiò sacra ; Aubanèu, que Roumaniho avié counquist à nosto lengo, e qu’au soulèu d’amour durbié, d’aquéu moumen, lou fres courau de sa Mióugrano ;Mathiéu, ennivouli dins li vesioun de la Prouvènço tournado coume antan cavaleirouso e amourouso ; Brunet, emé sa caro de Crist de Galilèio, pantaiant l’utoupìo d’un paradis terrèstre ; lou païsan Tavan que, plega sus l’eissado, cantejavo au soulèu, coume un grihet sus une mouto : e Frederi, tout preste pèr traire au vènt-terrau lou crid de raço, pèr ucha (coume dison li pastre di mountagno) e pèr planta sus lou Ventour lou gounfaloun.

A taulo, se parlè mai, coume èro l’abitudo, de ço que faudrié pèr tira noste lengage dóu cativié mounte jasié, despièi que, trahissènt l’ounour de la Prouvènço, li moussu l’avien redu, pecaire à servi mèstre….

– Soulamen, diguè Glaup, d’abord que fasèn sang-de-nòu, avèn besoun d’un noum nouvèu…. E à renouvelun, fau ensigno nouvello.

(F.Mistral, « Memòri e Raconte », 1906)

Version française

Nous étions, dans la contrée, un groupe de jeunes, étroitement unis, et qui nous accordions on ne peut mieux pour cette oeuvre de renaissance provençale. Nous y allions de tout coeur.
Il fut écrit au ciel qu’un dimanche fleuri, le 21 mai 1854, en pleine primevère de la vie et de l’an, sept poètes devaient se rencontrer au castel de Font-Ségugne : Paul Giéra, un esprit railleur qui signait Glaup (par anagramme de Paul G.); Roumanille, un propagandiste qui, sans en avoir l’air, attisait incessamment le feu sacré autour de lui ; Aubanel, que Roumanille avait conquis à notre langue et qui, au soleil d’amour, ouvrait en ce moment le frais corail de sa Grenade;
Mathieu, ennuagé dans les visions de la Provence redevenue, comme jadis, chevaleresque et amoureuse ; Brunet, avec sa face de Christ de Galilée, rêvant son utopie de Paradis Terrestre; le paysan Tavan qui, ployé sur la houe, chantonnait au soleil comme le grillon sur la glèbe; et Frédéric, tout prêt à jeter au mistral, comme les pâtres des montagnes, le cri de race pour héler, et tout prêt à planter le gonfalon sur le Ventoux…

À table, on reparla, comme c’était l’habitude, de ce qu’il faudrait faire pour tirer notre idiome de l’abandon où il gisait depuis que, trahissant l’honneur de la Provence, les classes dirigeantes l’avaient réduit, hélas! à la domesticité…

– Seulement, observa Glaup, puisque nous faisons corps neuf, il nous faut un nom nouveau… Et à renouveau, enseigne nouvelle !

(F.Mistral, « Memòri e Raconte », 1906)

Les sept fondateurs du Felibrige

fondateurs-felibrige

  • Frédéric Mistral (1830-1914)
  • Joseph Roumanille (1818-1891)
  • Théodore Aubanel (1829-1886)
  • Jean Brunet (1823-1894)
  • Paul Giera (1816-1861)
  • Anselme Mathieu (1828-1895)
  • Alphonse Tavan (1833-1905)

Frédéric Mistral

mistral.jpgIl naquit le 8 septembre 1830 à Maillane (Bouches-du-Rhône), au Mas du Juge, domaine familial qu’exploitait alors son père, François Mistral. Le petit Frédéric allait être élevé au rythme des saisons et des travaux agraires, et selon les coutumes et traditions omniprésentes dans la vie quotidienne. Les éléments sonores qui complétaient cette ambiance étaient les bruits domestiques ou campagnards, et la musique du provençal, langue qui très tôt dictera à Frédéric Mistral le sens de sa vie.

Dès ses années d’études, à Avignon puis à Aix, il avait envisagé son action future. Et quand, à 21 ans, licencié en droit, il revint chez lui en 1851, son père lui laissa la liberté de choisir sa voie. Alors, avec une solennité qu’il a lui-même décrite : du seuil du mas paternel, les yeux vers les Alpilles, il prit « la résolution : premièrement de relever, de raviver en Provence le sentiment d’appartenance que je voyais s’annihiler sous l’éducation fausse et contre-nature de toutes les écoles ; secondement, de provoquer cette résurrection par la restauration de la langue naturelle et historique du pays, à laquelle les écoles font toutes une guerre à mort, troisièmement, de rendre la vogue au provençal par l’influx et la flamme de la divine poésie ». Dès lors, attaché à ce but de restituer sa gloire à la Provence, il  s’adonne à la poésie et, immédiatement, s’attelle à écrire Mirèio.

Mistral n’agit pas seul, il appartenait à un groupe de jeunes, rêvant tous d’une renaissance provençale. Ces poètes (comme on les appelait déjà) se réunirent le 29 août 1852 à Arles, et l’année suivante, en grande pompe, à Aix-en-Provence à l’occasion du Roumavage di Troubaire, « une séance littéraire, devant tout le beau monde d’Aix, dans la grande salle de la mairie, courtoisement ornée des couleurs de Provence et des blasons de toutes les cités provençales. Et sur une bannière en velours cramoisi étaient inscrits les noms des principaux poètes provençaux des derniers siècles…. (F. Mistral) ». Rien de décisif cependant ne sortit de ces rencontres. La grande date allait être le 21 mai 1854…

La philosophie du Félibrige trouve sa source dans l’œuvre littéraire et dans les nombreux discours de Frédéric Mistral.

Le destin du Félibrige sera étroitement lié à la grandeur de l’œuvre mistralienne.

  • 1859 : publication de Mirèio, poème en douze chants dont le succès sera sans cesse grandissant.
  • 1867 : Calendau, poème d’action au travers duquel beaucoup verront le parcours initiatique du félibre à la recherche de son idéal.
  • 1876 : publication de la première édition du recueil Lis Isclo d’Or ;
  • 1878-1886 : parution du Tresor Dóu Felibrige, ou Dictionnaire Provençal-Français embrassant les divers dialectes de langue d’Oc moderne.
  • 1884 : Nerto
  • 1890 : La Rèino Jano.
  • 1891-1899 : collaboration régulière au journal l’Aiòli dont il est le fondateur.
  • 1897 : Lou Pouèmo dóu Rose.
  • 1904 : attribution à Mistral du Prix Nobel de Littérature qu’il partage avec le poète basque José Echegaray.
  • 1906 : Mémòri e Raconte, ouvrage autobiographique.
  • 1909 : inauguration du Museon Arlaten (Palais du Félibrige), premier musée français d’arts et traditions populaires, aménagé grâce à l’argent du Prix Nobel.
  • 1910 : La Genèsi, traduction provençale d’après le latin de « La Vulgate ».
  • 1912 : Lis Oulivado, dernier recueil poétique.

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