La Santo-Estello

La Santo-Estello

en vilo de Mende (Lousero)

dóu 17 au 21 de setèmbre 2021

couronnée de succès

Li felibre an retrouba Mende e lou païs gabau, 122 an après l’espelido de l’Armanac de Lousero, 69 an après la foundacioun de la revisto Lou Païs, 32 an après la creacioun de l’Escolo Gabalo e 29 an après la darriero Santo-Estello que se i’es tengudo.

La Santo-Estello de Mende 2021 demeurera celle des retrouvailles, de la jeunesse et de l’espoir. Malgré les aléas liés à la Covid, elle connut une importante fréquentation et laisse apparaître un sentiment d’unanime satisfaction. Elle restera dans l’histoire parmi celles marquées de singularité, mais si parfaitement réussie et combien fraternelle.

Les félibres étaient accueillis à l’Espace Evénement Georges Frêche, place du Foirail où se tenait également des expositions et stands de livres.

La Santo-Estello débuta donc le vendredi 17 septembre à Rieutort-de-Randon, à une vingtaine de kilomètres au nord de Mende, avec en début d’après-midi, un hommage rendu au majoral Robert Rousset disparu le 29 novembre 2020.

Mais, c’est à la médiathèque Lamartine de Mende, vers 17 heures, qu’elle s’ouvrit officiellement avec l’inauguration de l’exposition « Paysage culturel de l’agropastoralisme – Causses & Cévennes – Patrimoine Mondial de l’UNESCO »,

en présence de Madame la Présidente du Conseil départemental de la Lozère et de Monsieur le Maire de Mende. Au cours de son allocution, le capoulié lança : « Qunte ounour, signe proun simbouli, que de vèire menciouna la Santo-Estello dins la tiero dis evenimen labelisa : « desen anniversàri de l’iscripcioun de « Causso e Ceveno » au Patrimòni Moundiau de l’Umanita de l’UNESCO ». Signe proun simbouli pèr ço que bèn avans que la preso de counsciènci pèr l’aparamen dóu patrimòni basti e envirounamentau se generaliso, s’ourganiso e, devengue tambèn istituciounau, l’obro de Frederi Mistral dins aquésti doumaine parlo touto souleto, sufis de legi la fin dóu cant VII de Calendau quand Esterello esbramasso Calendau perqué a aclapa li mèle dóu Ventour, vertadiero proufessioun de fe ecoulougico escricho devers 1864 […] Mistral lucho pèr serva li relarg e li païsage, li mounumen e li site ».

En soirée, à la Salle Urbain V, le magnifique conte musical bilingue « Le Chemisier Jaune » fut donné par Séverine Sarrias e Arnaud Cance. Ce conte musical s’inscrit dans le contexte historique de la bataille du Mont Mouchet en Margeride en juin 1944. Il est foncièrement prenant, il a transmis une vive émotion à la salle.

Le samedi matin, dès 8 heures 15, le Bureau général du Féibrige se réunit à l’hôtel de ville. Cette première réunion de travail fut suivie à 9 heures et demie par une imposante séance du Consistoire du Félibrige.

Au cours de celle-ci, de nombreuses affaires et quantités de projets furent évoqués, traités ou adoptés, deux nouveaux majoraux élus.

Durand cette matinée, les félibres suivirent les visites guidées de la ville et de la cathédrale.

L’après-midi, l’Assemblée des jeunes du Félibrige travailla à ses projets sous la houlette de son nouveau responsable Guillaume Chevalier. En ouverture, le capoulié s’était adressé à eux avec ces paroles : « Salude lou pres-fa de Paulin Reynard, salude soun engajamen qu’a baia vido e envanc à l’Assemblado di jouine […]. Coumprendrés tóuti que sa founcioun de baile dóu Felibrige, aro, ié baio plus gaire la poussibleta de countunia d’èstre à la tèsto de l’Assemblado di jouine […]. Noume dounc óuficialamen Guihaume Chevalier respounsable de l’Assemblado de jouine […]. Sabès qu’ai forço fisanço en l’Assemblado di jouine. A un role de proumiero de jouga dins la « fourmacioun » di jouìni felibre pèr lis afelibri plenamen. La messioun es noblo e alestis l’aveni ».

A 15 heures les félibres remplirent de nouveau la salle Urbain V pour entendre une remarquable conférence de Roland Pécout « Troubadours en Gévaudan ». A l’issue de cette savante et instructive intervention qui fascina le large auditoire, l’association ADOC présenta son activité et les Carnets pédagogiques qu’elle édite.

Vint le moment à 17 heures, d’inaugurer un monument à la mémoire d’Olivier Alle, le fondateur de la revue Lou Païs. Étaient présents, sa fille, Mireille Alle-Galzin, la présidente du Département, Sophie Pantel, les maires de Mende, Laurent Suau, et de Saint-Léger de Peyre, Jean-Paul Itier. Tous prirent la parole avant que ne s’expriment le majoral Paul Astruc, actuel directeur de la revue Lou Païs et Jacques Mouttet, capoulié du Félibrige.

La soirée se tint au Théâtre de Mende avec la prestation très actuelle de Rodin Kaufmann « Pantais Clus ». Création singulière où se mêlent plusieurs styles, du slam au chant polyphonique, en passant par le trap ou la pop folk alternative. Un spectacle qui a surpris et envouté avec ses sonorités inatendues et troublantes. Félibres et public ont applaudi sans réserve la « flamo creacioun d’un pouèto pluridisciplinàri que mesclo mai que d’un estile musicau sènso qu’un manje l’autre. Equilible sutiéu qu’espremisson cant, clavié analougi, guitarro, batarié eleitrò-acousti, arpo mandoulino d’óutavo, violo eleitrico… ».

Le dimanche 19 septembre, jour de fèsto, selon l’usage, une grand messe en langue d’oc fut célébrée. Elle eut pour écrin la prestigieuse cathédrale Notre-Dame et Saint-Privat archi-comble. La Chorale Sainte-Cécile rehaussa avec talent et sublimité cet office présidé par le père Georges Passerat, majoral du Félibrige et concélébré par le père François Durand, curé de la paroisse et le père Louis Fraisse qui prononça une magnifique homélie en langue gévaudanaise.

Après un somptueux défilé dans les rues de la vieille ville constitué des élus, des « escolo », groupes et félibres venues de lozère et des Maintenances du Félibrige d’Aquitàni, d’Auvergno, de Gascougno-aut-Lengadò, de Lengadò-Roussihoun, de Limousin, de Prouvènço, une réception fut offerte à l’Espace Evénement. Davans quelque cinq cents personnes, le maire de Mende redit, en gévaudanais, toute sa joie d’accueillir tel rassemblement. Visiblement heureux, il n’eut de cesse d’exprimer sa convergence d’idées avec celles du Félibrige. Le capoulié, après de chaleureux remerciements envers la municipalité de Mende, fit retentir des paroles engagées et, s’adressant plus particulièrement aux membres des groupes d’arts et traditions populaires, conclua ainsi son propos : « Lou Capoulié, pièi, en aqueste jour de fèsto de la Santo-Estello, se plais de vèire acampa eici un Perigord, uno Auvergno, uno Catalougno, un Lengadò, un Coumenge, un Limousin, uno Prouvènço, emai tóuti lis encountrado d’o que canton e que danson, mai, que dins lou meme tèms, espremisson, uni dins la diversita, la voulounta de demoura ço que soun e afiermon si counvicioun ».

A 15 heures trente, au Théâtre de Mende, la reine du Félibrige Adeline Bascaules-Bedin présida la cour d’amour. Le nombreux public applaudit tour à tour l’Amicale des Routiniers (Aquitaine), Terradour Flouricat et l’Iraliot (Auvergno), Les Troubadours du Comminges (Gascogne-haut-Languedoc), le Ballet Jouventut de Perpignan (Languedoc-Roussillon), L’Estella Lemosina (Limousin), La Capouliero (Provence). Très beau spectacle de danses, chants et musique, varié et de qualité.

Trois heures plus tard, une fois de plus, les félibres remplirent la salle Urbain V pour assister à la séance académique et solennelle des éloges des majoraux défunts. L’on écouta recueilli et non sans émotions le « laus » de la majorale Paulette Cherici-Porello prononcé par le majoral Paulin Reynard et le « laus » du majoral Paul Valière prononcé par le majoral Paul Astruc en présence de madame Marie-Claude Valière.

La riche journée de ce dimanche se termina à 21 heures au Théâtre de Mende avec le concert du chanteur lozérien Philippe Vialard et ses musiciens. Né sur l’Aubrac, Philippe Vialard en revendique toute la profondeur, l’artiste est vrai, pas surfait, sincère. Il a su transmettre à la salle cette sensibilité des hommes de ce terroir. Son tour de chant s’affiche tout simplement agréable et divers, car « il ne cherche pas à rentrer dans un style mais plutôt à s’en affranchir ». La communion avec le public est intense, il le rend heureux, il dialogue avec lui, il le fait participer, chanter et même danser. Une soirée lozérienne qui réchauffe le cœur et comme nous voudrions en voir souvent.

Le lundi 20 septembre dès 9 heures, les félibres sont de retour au Théâtre de Mende pour le Conseil général du Félibrige. Cette séance de plus de trois heures au cours de laquelle le capoulié prononce son rapport moral et les comptes-rendus divers et projets sont détaillés point par point a démontré l’amplitude de l’activité félibréenne et sa vitalité. Le fait marquant fut la mise en ligne en direct sus la toile du conjugueur provençal, œuvre du félibre Pierre Virion et du Conseil de l’Écrit Mistralien. Le conjugateur est donc désormais accessible librement et gratuitement à partir de la page d’accueil du site du Félibrige.

Le Conseil général du Félibrige se termina avec la présentation du programme de la Santo-Estello 2022 qui se tiendra en ville d’Arles du 3 au 7 juin et l’adoption de la candidature de la ville de Gréoux-les-Bains à l’organisation de la Santo-Estello 2023.

Les félibres n’eurent qu’à traverser le square Emile Joly pour se rendre au premier étage de l’Espace Evénement où se tint le Banquet solennel de la Coupo.

Le baile du Félibrige Paulin Reynard y proclama le résultat des élections et nominations des séances statutaires des 20 février, 18 et 20 septembre 2021 et le capoulié prononça le traditionnel Discours de la Coupo (consulter les proclamations et lire le discours dans l’actualité du site).

Le soir, les félibres retrouvèrent la salle Urbain V pour un très agréable et charmant moment avec le Duo Calèu et son Camin de Sedo. Le public complimenta avec enthousiasme les deux artistes, Céline Klisinski et Hervé Robert.

Enfin, le mardi, comme d’usage, la Santo-Estello s’acheva par une excursion. Les deux autocars conduisirent les félibres à la découverte du Paysage culturel de l’agropastoralisme inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, en particulier les pèiro plantado des Bondons. Le circuit passa par Le Pont de Montvert, le Mont Lozère et Bagnols-les-Bains. Magnifique et époustouflante journée !

Ainsi s’acheva cette Santo-Estello tant espérée. Elle fut merveilleusement réussie gràce à la

Ville de Mende à la collaboration des Amis du Païs et l’Escolo Gabalo, au concours de l’Union Européenne, du Conseil Régional Occitanie Pyrénées-Méditerranée, du Département de la Lozère,  de la Communauté de communes Cœur de Lozère, de Les Causses & les Cévennes, et de l’A.D.Oc 48.

En s’acampant à Mende, lou Felibrige óublido pas lou que coumpliguè lou plus bèu di pres-fa : l’umble canounge Fèlis Remize, di lou Grelhet que de-bon baiè l’essenciau de la Respelido en terro louserenco.

En Lousero, l’envanc felibren s’embessouno emé lis óurigino dóu Felibrige, coume aiours, i’a d’ome qu’an entendu la crido dóu Mèstre e que se soun atela à l’obro.

Acampa, dounc à Mende, lou Felibrige countùnio soun istòri, es vengu, counsciènt dis ànci dóu moumen mai tambèn fisançous dins lis endevenènço avenidouiro, i’escriéure uno pajo nouvello de soun astrado.

J.M.

 

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