Cent-cinquantenaire de Baroncelli

Cent-cinquantenaire de Baroncelli

Aix : un cheval Camargue dans le quartier Mazarin !

 

La biographie de Folco de Baroncelli écrite par la poétesse Henriette Dibon commence en ces termes : « La découverte de la Camargue est récente. Elle ne remonte guère plus haut que la fin du XIXe siècle. Jusque-là, elle était à peu près inconnue. Les terres cultivées y étaient peu nombreuses. L’élevage des chevaux y était presque abandonné. La plus grande partie du delta était impénétrable. Son climat rude décourageait tout peuplement. Vers 1880, ce pays d’eaux instables et de terres inachevées, vrai champ de bataille où s’affrontaient les éléments, était encore considéré comme une contrée interdite où ne s’aventuraient que les braconniers, les proscrits, les déserteurs et les contrebandiers.

Et puis, un jour, vint un cavalier. »

Ce cavalier c’est le marquis Folco de Baroncelli que la profession de son père fit naître à Aix, dans le quartier Mazarin, un premier novembre en l’an 1869.

Toutefois, les Baroncelli, toujours pour des raisons professionnelles, quitteront assez rapidement la capitale de la Provence. Ainsi Folco passera son enfance chez sa grand-mère au château de Belle Coste, près de Nîmes, puis il épousera la fille du propriétaire du domaine des Fines Roches à Châteauneuf du Pape. Renonçant au destin doré qui lui était promis, le couple s’installera aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Baroncelli crée sa manade et désormais s’y consacrera pleinement voulant rendre aux chevaux et taureaux la pureté de la race, pour éviter que ne se perdent à jamais « les taureaux aux cornes de lyre et les cavales aux crinières d’écume marine ». Parallèlement à son activité de manadier, grâce à Folco de Baroncelli la nature camarguaise va prendre un autre visage conte Annelyse Chevalier, auteur de « Le Bois des Rièges » et de « Les Gardians de Camargue » : « les marais et les sansouires vont briller de nouveaux reflets, illuminer les âmes et la littérature régionale. Folco aime ce qu’il voit autour de lui en Camargue, aussi nu et aride que ce soit. Et il a cette incroyable capacité en lui de faire changer le regard, de l’éclairer. La beauté cachée de ces paysages, il va les révéler. Il va changer la donne. Jusqu’à les faire aimer, jusqu’à les faire envier, jusqu’à les faire convoiter aussi. Mais lucide et perspicace, il va savoir comment les protéger et en faire une terre inviolable et respectée ». « Conscient de la fragilité de cet équilibre naturel devant l’homme et ses aspirations parfois extravagantes quand il s’agit de profit, dès 1922, inquiété par ce projet de drainage du Vaccarès, Baroncelli demande déjà à l’État de créer une sorte de parc naturel ». Une réserve zoologique et botanique est créée en 1927 et le Parc naturel régional de Camargue verra le jour en 1970. Par ailleurs, le Parc poursuit et développe toutes les actions entreprises pour la conservation et la promotion des races locales de chevaux et de taureaux. Rappelons que la race du cheval Camargue est reconnue par arrêté ministériel en 1978 avec la création du livre généalogique et qu’en 1999 il est créé le livre généalogique de la race de taureau Camargue, la « Raço di biòu ».

Folco de Baroncelli le précurseur avait vu juste, il serait satisfait.

La ville d’Aix qui l’a vu naître, s’est associée aux nombreuses manifestations qui, des Saintes-Maries-de-la-Mer à Avignon en passant par Sceaux en région parisienne, jalonnent l’année 2019 en lui rendant hommage ce vendredi premier novembre, jour de sa naissance, en présence des descendants directs du Marquis, du Capoulié du Félibrige et des félibres, du Capitaine et des membres de la Nacioun Gardiano qu’il fonda, et, très symboliquement, en présence de « Zintkala »

cheval Camargue de la lignée baroncellienne.

La cérémonie :

Une magnifique messe en provençal fut tout d’abord célébrée en l’église dite félibréenne du Saint-Esprit par monseigneur Michel Desplanches, vicaire général du diocèse d’Aix et Arles, majoral du Félibrige, puis, en passant par le cours Mirabeau, un long cortège conduit par l’ensemble des Tambourinaires Sestian s’est rendu devant la maison natale du Marquis, rue du 4 septembre.

Après une ouverture jouée par l’ensemble des tambourinaires présents, des membres de la famille Baroncelli déposèrent une gerbe de fleurs sous la plaque commémorative inaugurée en 1970, puis fut interprétée une composition musicale de Gabriéu Feutrier intitulée : « De z-Ais i Santo, Seguido Baronceliano » par Paulin Reynard, Sébastien Bourrelly, André Gabriel et Gabriéu Feutrier. La cérémonie se poursuivit par la lecture, par le majoral Guy Revest, syndic de la Maintenance de Provence, d’un poème écrit par Folco de Baroncelli alors qu’il avait vingt ans « Lou cèndre », également extrait de « Blad de Luno », lou syndic de la Maintenance du Languedoc, le majoral Gabriel Brun dit « Calabrun » et, la « Cansoun gardiano » fut reprise en chœur.

Vint le moment des discours avec les allocutions du capitaine de la Nacioun Gardiano, le majoral Guy Chaptal ; des représentants des familles Aubanel et Bonis descendantes directes du Marquis Folco de Baroncelli ; de madame Arlette Ollivier, conseillère municipale délégué à la culture provençale et enfin du Capoulié du Felibrige Jaque Mouttet. Ses paroles furent ponctuées par la chant de la Coupo.

Bien évidemment, « Zintkala »   fut la vedette de ces instants superbes en souvenir et à la gloire de « l’inventeur » de la Camargue.

Le discours du capoulié :

« Bèn tant sa vido fuguè marcado dins lou relarg di Santo, en Avignoun ; bèn tant soun souveni demoro, sèmpre viéu à tras lis erme de Camargo que s’avaston sus li dos ribo dóu grand Rose ; bèn tant soun noum a resta poupulàri entre Mar e Durènço, que gardan pas proun souvenènço de l’espelido sestiano de Folcò de Baroncelli-Javon.

Es pamens eici que nosto Lus lou faguè parpeleja proumié : tant antico e tant ilustro, nosto Ciéuta coumtalo n’en pòu tira glòri, elo que, pamens, n’en es pas sènso ! Demembressian jamai que Prouvènço eici aguè sa metroupòli : es lou signe capitau de l’istòri nostro, es lou simbèu, es lou sagèu. Demembressian pas, nimai, que la Coumtesso, véuso de soun trelus, a mantengu, eici, riboun-ribagno, soun sèti majourau.

E fuguè belèu mai qu’un entresigne asardous de vèire espeli dins aquelo noblo carriero de la noblo ciéuta, l’enfant de noble que se devié faire gardian demié li mai paure, touca pèr li gràci dóu Desert, à souleto fin de mena e d’afourti la vido perdurablo d’uno nacioun emai d’un pople ».

Ansin parlè lou majourau Marcèu Bonnet lou jour de l’inaguracioun d’aquelo lauso, lou 16 de mai 1970, pèr la Santo-Estello de z-Ais en presènci dóu capitàni de la Nacioun gardiano Enri Aubanel, fihat dóu Marqués.

Vuei, es en presènci de soun felen Berenguié Aubanel representant de la lignado di Baroncelli e dóu capitàni Gui Chaptal que sian agroupa pèr se souveni de la neissènço dóu Marqués dins aqueste oustau. Sian tambèn proun esmougu de la presènci de Zintkala qu’encarno en aquéu jour l’obro de Folcò de Baroncelli qu’avié pèr toco de rèndre sa pureta à la bouvino e la roussatino camarguenco.

Midamo, Messiés, après agué lausa la grandour dóu Marqués tout de long d’aquest an : à la Santo-Estello de Pertus, à la felibrejado de Scèus en regioun parisenco, i Santo au mes de mai e au mes d’óutobre, dève avoua que me desagrado pas de perlounga ma lausenjo dins ma vilo, de rejougne la remembranço de Marcèu Bonnet, lou dire de madamo Arleto Ollivier e de tourna afierma qu’en voudant sa vido à-n-un ideau, lou Marqués Folcò de Baroncelli :

– fuguè lou sauvaire de la raço di bióu e di chivau camargo ;

– fuguè l’atroubaire d’un païs : à-n-uno encountrado de nàni a baia uno aura majestouso, un jouièu envirounamentau, un art de viéure e d’ispiracioun pouëtico d’elèi ;

– fuguè un avivaire, a reviéuda, de cop istituï : coustumo, vèsti, fèsto, rituau ;

– fuguè un di foundadou de la Nacioun Gardiano garanto de l’aspèt especifi de l’entre dous Rose, de la persounalita di gènt de Camargo, de la sauvo-gardo e de l’espandimen dóu sentimen d’apartenènço ;

– fuguè un aparaire, a bataia lou proumié pèr la creacioun d’uno reservo naturalo de Camargo e aparè devoua e achini li pople mespresa ;

– fuguè un creaire, creaire de ço que se poudrié dire la lèi camarguenco, creaire de la tradicioun qu’à l’ouro d’aro se pòu pas dessepara de la vido vidanto.

Retendren pèr sèmpre la filousoufìo e l’obro remirablo coumplido pèr Baroncelli, soun desinterès, soun role apassiouna e essenciau pèr la Camargo de vuei, segur, mai desoublidaren pas nimai que dins lis esprovo de la vido que ié fuguèron pas espargnado e, fin finalo, en patissènt forço de soun ideau, a baia au mounde uno grando leiçoun d’umelita, d’umanita e de reüssido.

Dins soun fervènt remèmbre, urous siéu de larga vuei aquéli paraulo au son dous dóu cascai de la font di Quatre Dóufin, clapouteja qu’esgaiè seguramen, dins si cóurtis annado sestiano, l’enfant : Folcò de Baroncelli.

Jaque Mouttet, Capoulié dóu Felibrige – Aix-en-Provence – 1er novembre 2019

Les photos sont du félibre Jean-Landry Nicolas et J Revest

 

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