Lengo e Musico aux Saintes-Maries-de-la-Mer

Lengo e Musico aux Saintes-Maries-de-la-Mer

Quelle réussite !


Quelle belle réussite cette édition 2019 du festival lengo e Musico initié par le Félibrige, qui avait pour cadre la cité des Saintes-Maries-de-la-Mer à l’occasion du cent-cinquantenaire de la naissance du Marquis Folco de Baroncelli. Que de moments précieux et inoubliables ces 21 et 22 septembre.

Le samedi, tout commença par cet admirable concert donné en l’église fortifiée Notre Dame de la Mer avec des extraits de l’opéra Mireille magnifiquement interprétés par la Chœur lyrique de Camargue et la cantatrice Cécila Arbel, accompagnés par Hyejin Park au piano, par Annie Almuneau à la flute, sous la direction de Chantal Bastide.

Mirèio statufiée semblant s’être échappée de son socle sis à quelques encablures de l’église émut aux larmes le public qui emplissait la nef. Mirèio était là, réelle, mourante. Avec son extraordinaire voix, son jeu scénique allant du cœur au fond de l’église par l’allée centrale et revenant dans l’abside, Cécila Arbel donna l’impression d’une Mirèio incarnée qui bouleversa toute l’assistance. Instant mémorable, inoubliable, unique !

Suivit une communication de Monseigneur Michel Desplanches sur La langue et la musique traditionnelle dans le rituel chrétien qui mit en lumière l’évolution des pratiques, la nécessaire création et l’indispensable participation des fidèles aux célébrations en lengo nostro.

Le programme se poursuivit au Relais Culturel avec une conférence d’Annelyse Chevalier, qui s’attacha à développer essentiellement Folco de Baroncelli e li bióu. Passionnante et brillante communication que salua avec moult compliments l’arrière-petit-fils de Folco de Baroncelli, Bérenger Aubanel.

Le soir la qualité ne faiblit pas avec l’évocation de Folco de Baroncelli et ses amis provençaux, indiens et gitans. Autour des tambourinaires Annelyse Chevalier, André Gabriel, Paulin Reynard et David Ribes, de Roger Pierre Auguste et son film Lou Bióu, d’Henri Maquet et Emmanuelle Aymès chantant les poèmes de Baroncelli sur des musiques de leur composition, d’un docu-fiction sonore « Indian e gardian, uno istòri d’amista » et de Tchoune Tchanelas et ses chants gitans, tout était réuni pour combler à nouveau la nombreuse assistance.

Le dimanche une cérémonie très recueillie rassembla félibres et saintois devant le tombeau du Marqués. Après avoir procédé à un dépôt de gerbe par le Capoulié, le Syndic de Provence et le Maire des Saintes-Maries et observé une minute de silence, Jacques Mouttet, Capoulié du Félibrige, prit la parole ainsi :

« Quatre mes après la journado Baroncelli nous veici tournamai davans lou cros dóu Marqués. Ié sian acampa pèr ço que lou Felibrige a vougu teni l’edicioun 2019 de soun festenau « Lengo e Musico » eici i Santo en l’ounour dóu patrioto afouga, dóu pouèto, dóu prousatour, de l’ome di biòu e di cavalo, dóu fièr cavalié sèmpre en bousco dóu Bèu que fuguè lou Marqués Folco de Baroncelli. Óucasioun de tourna espremi ço que devèn à-n-aquéu qu’èro ama de tout lou pople miejournau, farga de simplecita e de moudestìo, que mié siècle de tèms jouguè un role maje pèr lou noum, lou mitan e l’èime de Camargo, pèr l’aparamen de la lengo, di us e tradicioun de Prouvènço e dóu Lengadò roudanen.

L’an di cènt-cinquanto an de sa neissènço, se reculi davans lou toumbèu, significo uno eterno recouneissènço à uno vido de gardian e de manadié eisemplàri, uno vido que menè em’uno afecioun e un testardige que lis auvàri e li desfèci de touto meno faguèron jamai cala.

Anfos Arnaud avié di : « …Marquis, que ton esprit s’élève de ton cadavre, qu’il rayonne sur ce peuple pour te glorifier. Qu’il lui fasse comprendre que, s’il ne veut pas être le pâle reflet des autres, un troupeau bêlant, il doit retrouver son orgueil, la fierté de sa langue, le respect des autres, la noblesse de sa race… »

Óucasioun, aquéli journado santenco de souto-ligna l’envanc de generousita, d’umanisme, de soulidarita qu’èron la marco dóu Marqués. Avèn vougu aièr de vèspre, evouca « Folco e sis ami prouvençau, indian e gitan » pèr bèn sesi l’aparaire qu’èro Baroncelli, sa crido, soun mau-cor en favour di culturo e pople estoufa, parieramen engaja pèr la causo di Boers en Africo dóu Sud, que d’aquelo di Gènt dóu viage o di Amerindian. Baroncelli aura uno grand counsideracioun pèr éli, ié manifestara soun soustèn de tout soun èstre.

Dins aquéli visto nous fau raproucha sa dispousicioun d’esperit en de quichànti situacioun atualo d’ùni pople dis Americo e mai que mai d’Amazounìo. Pièi mai, de raproucha sa dispousicioun d’esperit de prouteicioun dis espàci e païsage emé li poulitico envirounamentalo de vuei.

Avié larga en 1919 « …Quauque jour, faudra bèn qu’alin, dins li mirage dóu bos di Riège, dis Emperiau, de la Gacholo, founden aquéu pargue naciounau, que lou Mèstre n’avié agu l’idèio ». (Baroncelli 25 mars 1919 – Lou Felibrige n°11).

Se clinan, car felibre, cars ami, davans lou cros d’un ome qu’a sachu ié vèire clar, d’un ome qu’a douna sa vido à la grando causo di valour umano e à la coumprenènço mutualo, d’un ome qu’a coumprés l’óupressioun di feble, d’un ome qu’a adu de soulas e de freirejacioun, d’un ome qu’a pasta de si man la Camargo que couneissèn au tèms que sian, d’un ome qu’a baia à la soucieta uno bello leiçoun de vido e que laisso un eisèmple foundamentau de coustrucioun patrimounialo, de reüssido e de proujèt.

Èu que diguè : « Ai vouda ma vido à-n-un ideau », soun umanita, soun umelita, soun desinterès, si counvicioun e soun ideau poudrien ispira li que mènon lou mounde, que caucigon li pople e chaplon la naturo.

Mau-grat lis entravadis que couneiguè, apasimanto e pleno de judice, l’astrado de Baroncelli de Folco de Baroncelli pivelo e coungreio l’amiracioun.

Se clinan respetousamen sus soun obro e soun eiretage.

Gramaci, Marqués ama ».

Discours terminé, la Coupo Santo fut chanté d’une seule voix. Ce bel et sobre hommage au Marquis fut suivi d’un cortège qui se rendit de la statue de Mireille au Relais culturel où fut commentée la superbe exposition Folco de Baroncelli e lou Felibrige réalisée par le félibre Gérard Pascal. Une exposition peu ordinaire montrant quantité de documents jamais vus qui mérite de fervents compliments à son auteur. Le Majoral Gui Revest et le maire Roland Chassain prirent alors tour à tour la parole, exprimant leur gratitude réciproque et leur joie de célébrer de si belle façon le cent-cinquantenaire de la naissance du Marquis de Baroncelli.

L’après-midi, clôture en beauté et de façon toujours autant magistrale avec le flamboyant spectacle de l’ensemble Bandùra que dirige avec brio le jeune félibre Théo Pastor. Le public ne fut pas avare d’ovations, manifestant ainsi son enthousiasme face au talent de la formation et sa satisfaction d’avoir vécu des moments exceptionnels d’une qualité irréprochable en l’honneur de celui qui donna sa vie à l’èime de la Camargue.

L’on ne peut clore ce compte-rendu sans attribuer une mention particulière au Baile du Félibrige André Gabriel qui présenta avec érudition et science l’ensemble de la programmation et en jouant la guest-star lors du dernier concert, mais aussi sans remercier tous les artistes qui ont prêtés leur concours à l’événement et manifester très sincèrement notre gratitude au Majoral Gui Revest syndic du Félibrige Maintenance de Provence, instigateur de ce magnifique festival ainsi qu’à la félibresse Annelyse Chevalier, chargée de mission à la communication et patrimoine culturel des Saintes Maries de la Mer qui avec discrétion, mais pure efficacité contribua largement à la réussite de ces deux journées unanimement saluées et qui sans nul doute feront date.

A l’an que vèn !

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