le 11 novembre 2018 au Bois de Sainte Estelle

Une émouvante cérémonie

le 11 novembre 2018 au Bois de Sainte Estelle

Version française :

Depuis 2014, avec la cérémonie tenue devant le mémorial dédié aux félibres morts pour la patrie du Bois de Sainte Estelle à Sant-Saturnin-de-Lucian, le Félibrige a organisé tous les ans un événement commémoratif de la guerre de 14-18 : 2015, voyage en Lorraine et cérémonie à la nécropole de Vergaville et devant le monument de Bidestroff en hommage au 15ième corps ; 2016 : cérémonie devant le monument classé « pacifiste » de Lavercantière (Lot) et évocation des monuments portant une inscription en langue d’oc ; 2017, colloque « Le Félibrige dans la guerre de 14-18 » dans l’auditorium des « 2 Rhônes » à Fourques aux limites des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie-Pyrénées Méditerranée.

Tout naturellement, pour la clôture de ses manifestations du centenaire de la guerre de 14-18, le Félibrige se retrouva le dimanche 11 novembre 2018 à Sant-Saturnin-de-Lucian.

 

Dès 8 heures 30, en l’église paroissiale, le père Georges Passerat, majoral du Félibrige, célébra en langue d’oc une messe du souvenir. Bel office, fervent et magnifiquement chanté.

A 10 heures 30 c’est devant le mémorial du Bois de Sainte Estelle au Rocher des deux Vierges que se tint une très émouvante cérémonie d’hommage. Lou majoral Gabriel Brun, syndic du Félibrige pour le Languedoc-Roussillon lut La Vitòri, poème de Louis Abric, puis le capoulié prononça une prenante allocution avant d’égrener les 138 noms des félibres et membres des écoles félibréennes morts pour la France durant la grande guerre. L’on dévoila alors une plaque commémorative, une gerbe du Félibrige et une gerbe de la commune de Saint-Saturnin furent déposées. Le galoubet d’André Gabriel fit retentir la sonnerie aux morts, et une grave minute de silence fut observée suivie de La Marseillaise, enfin les sept couplets de la Coupo Santo furent solennellement chantés.

Cérémonie achevée, le capoulié et le maire de Saint-Saturnin saluèrent le pavillon et les sept cavaliers de la Nacioun Gardiano présents, les drapeaux et bannières des Maintenances et écoles félibréennes ainsi que l’ensemble des majoraux qui faisaient face aux drapeaux.

La veille, au cours d’une séance du Consistoire du Félibrige tenue à Clermont l’Hérault, le capoulié avait déclaré que le Félibrige « n’avait pas eu besoin d’une labélisation officielle du Ministère pour commémorer le centenaire de 14-18, qu’il n’avait pas eu besoin d’encadrement ou de comité scientifique, de conseiller historique et qu’il n’avait pas demandé d’aide financière à l’Etat. Le Félibrige, de sa propre initiative, avec sa conscience, avec son cœur, a accompli son devoir comme il le comprenait sans rien demander à personne. Et d’ajouter : « qui aurait été capable de nous comprendre autant chez nous qu’à Paris, de comprendre le Félibrige dans la guerre, de comprendre combien l’affaire du quinzième corps nous a affecté.

Certainement pas beaucoup d’association, avec autant de sincérité, ont organisé une manifestation tous les ans depuis 2014, comme nous l’avons fait, pour marquer le centenaire de la grande guerre ».

Parole du Capoulié

Alors que soixante-dix chefs d’état et de gouvernement, en ce moment même, sont rassemblés avec faste à Paris, nous voici, félibres, dans notre humilité, dans notre simplicité d’âme et sans estravagance, figés devant le monument élevé par l’Escolo Peiroto et le félibre-majoral Clovis Roques qui porte l’inscription « Als felibres morts per la Patria ».

De la même façon qu’en 1935 pour l’inauguration, nos joues ruisselantes de larmes, nous sommes assemblés dans l’émotion.

Nous sommes recueillis pour rendre l’hommage dû aux félibres morts pour la France, aux soldats de tous les pays, de toutes les guerres envoyés au massacre par des hommes qui eux ne se tuent pas.

Nous sommes en communion avec tous ceux qui à cette heure s’inclinent devant leur monument, devant leur morts, qui célèbrent la sonnerie du cessez-le feu et l’armistice dans le branle des cloches qui égayaient, il y a cent ans, les villes et les campagnes après quatre ans de combats et de pleurs.

Madame Frédéric Mistral écrivit le 11 novembre 1918 : « Chantez, coq de nos campagnes, mellez le son de vos voix à celle du Coq superbe de notre blason. Un chant d’allegresse s’élève de millions de bouches. De village en village, les clochers carrillonnent et l’écho s’entend dans le prolongement de la plaine. L’armistice est signé, les hommes ne se tueront plus. Oh, Maître aimé, maintenant ton âme peut entendre le cri resplendissant du Coq gaulois qui chante la Victoire ! »

Le Félibrige, je disais à Maillane, n’a jamais renoncé devant l’épreuve, il n’a jamais failli dans le souvenir, et, la paix venue, il a entretenu le culte des morts au combat. Le mémorial du Bois de Sainte Estelle en est la tangible réalité et nos deux déplacements en Lorraine en 2015 et 2018 confirment la continuité des actes qu’en tout temps le Felibrige a accompli pour conserver le souvenir et honorer la jeunesse fauchée.

Hommage soit rendu à mon prédécesseur le capoulié Valère Bernard en reprenant les paroles qu’il prononça une fois la guerre terminée : « La paix est venue, la paix et la Victoire que nous avons abondament imbibé de notre sang et où nous avons vu notre jeunesse éliminée dans sa fleur. Devant la mort inclinons-nous et gardons nos pensées. Et le Midi, tout le Midi, avec son sang, avec sa chair, avec son cœur, avec son âme a donné la preuve sublime de son attachement à la Patrie et de sa valeur. Il convient tout d’abord de se rappeler et de se courber devant les deux mille Catalans qui s’engagèrent dans la Légion étrangère et vinrent mêler leur sang au notre. Nous adressons à la Catalogne héroïque le témoignage de notre reconnaissance et de notre éternel attachement. Notre Félibrige a rescensé le nom de ses morts. Tant et tant, dont leur nom feront éternellement notre gloire. Dieu les garde dans les Saint-Alyscamps ».

Dans un instant nous égrenerons les uns après les autres leurs noms glorieux.

J’exprime ma sincère gratitude à vous tous qui avez voulu, dans un silencieux recueillement, honorer les félibres morts pour la Patrie. Et cette paisible nature, loin des retentissentes commémorations, sur les hauteurs de Saint-Saturnin-de-Lucian, au mémorial pacifique du Bois de Sainte Estelle, pas d’hommes en arme représentés ou présents, seul les fers (tridents) de la Nation gardianne : arme de Provence, arme des chefs et des vachers, dit d’Arbaud.

Seuls ici, les tridents pointés vers le ciel rendent les honneurs aux âmes martyres.

Pour toujours, le sacrifice des hommes tombés dans la Marne, la Meuse, dans les Flandres, les Ardennes, l’Artois, en Champagne, en Picardie, au Bois d’Ailly, au bois de Malancourt, au Mort-Homme, au fort de la Pompelle, à Verdun, à Craonne, au Chemin des Dames ou encore en mille autres lieux funestes, demeurera gravé dans nos cœurs.

Le Félibrige réuni au pied du Rocher des Deux Vierges tient vive la flamme du souvenir. Le Félibrige étend sa reconnaissance, élève sa pensée vers les mânes de ses héros. Le Félibrige supplique la destinée de donner de l’impulsion à la paix dans le monde, d’engendrer plus de liberté et d’émoustiller la fraternité et l’espérance.

 

Depuis 2014, avec la cérémonie tenue devant le mémorial dédié aux félibres morts pour la patrie du Bois de Sainte Estelle à Sant-Saturnin-de-Lucian, le Félibrige a organisé tous les ans un événement commémoratif de la guerre de 14-18 : 2015, voyage en Lorraine et cérémonie à la nécropole de Vergaville et devant le monument de Bidestroff en hommage au 15ième corps ; 2016 : cérémonie devant le monument classé « pacifiste » de Lavercantière (Lot) et évocation des monuments portant une inscription en langue d’oc ; 2017, colloque « Le Félibrige dans la guerre de 14-18 » dans l’auditorium des « 2 Rhônes » à Fourques aux limites des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie-Pyrénées Méditerranée.

Tout naturellement, pour la clôture de ses manifestations du centenaire de la guerre de 14-18, le Félibrige se retrouva le dimanche 11 novembre 2018 à Sant-Saturnin-de-Lucian.

Dès 8 heures 30, en l’église paroissiale, le père Georges Passerat, majoral du Félibrige, célébra en langue d’oc une messe du souvenir. Bel office, fervent et magnifiquement chanté.

A 10 heures 30 c’est devant le mémorial du Bois de Sainte Estelle au Rocher des deux Vierges que se tint une très émouvante cérémonie d’hommage. Lou majoral Gabriel Brun, syndic du Félibrige pour le Languedoc-Roussillon lut La Vitòri, poème de Louis Abric, puis le capoulié prononça une prenante allocution avant d’égrener les 138 noms des félibres et membres des écoles félibréennes morts pour la France durant la grande guerre. L’on dévoila alors une plaque commémorative, une gerbe du Félibrige et une gerbe de la commune de Saint-Saturnin furent déposées. Le galoubet d’André Gabriel fit retentir la sonnerie aux morts, et une grave minute de silence fut observée suivie de La Marseillaise, enfin les sept couplets de la Coupo Santo furent solennellement chantés.

Cérémonie achevée, le capoulié et le maire de Saint-Saturnin saluèrent le pavillon et les sept cavaliers de la Nacioun Gardiano présents, les drapeaux et bannières des écoles félibréennes ainsi que l’ensemble des majoraux qui faisaient face aux drapeaux.

La veille, au cours d’une séance du Consistoire du Félibrige tenue à Clermont l’Hérault, le capoulié avait déclaré que le Félibrige « n’avait pas eu besoin d’une labélisation officielle du Ministère pour commémorer le centenaire de 14-18, qu’il n’avait pas eu besoin d’encadrement ou de comité scientifique, de conseiller historique et qu’il n’avait pas demandé d’aide financière à l’Etat. Le Félibrige, de sa propre initiative, avec sa conscience, avec son cœur, a accompli son devoir comme il le comprenait sans rien demander à personne. Et d’ajouter : « qui aurait été capable de nous comprendre autant chez nous qu’à Paris, de comprendre le Félibrige dans la guerre, de comprendre combien l’affaire du quinzième corps nous a affecté.

Certainement pas beaucoup d’association, avec autant de sincérité, ont organisé une manifestation tous les ans depuis 2014, comme nous l’avons fait, pour marquer le centenaire de la grande guerre ».

Paraulo dóu capoulié :

Alors que mai de setanto capo d’estat e de gouvernamen soun d’aquesto ouro acampa en grando poumpo à Paris, nous veici, felibre, dins nosto umelita, dins nosto simplesso d’amo, à la sourdino e sènso rèn de mai, arrampi davans lou mounumen auboura pèr l’Escolo Peiroto e lou majourau Clouvis Roques que porto l’iscripcioun « Als felibres morts per la Patria ».

Sian, coume pèr l’inaguracioun en 1935, nòsti caro perlejant de lagremo, amassa dins l’esmougudo.

Sian, pensatiéu, pèr rèndre l’oumenage degu i felibre mort pèr la Franço, i sóudat de tóuti li païs, de tóuti li guerro manda au tuadou pèr d’ome qu’èli se tuon pas.

Sian en coumunioun emé tóuti aquéli que d’aquest ouro se clinon davans soun mounumen, davans si mort, que celèbron la sounarié de l’alto-au-fiò e l’armistice dins lou resson di campano que balalin-balalan esgaiavon, i’a cènt an, li vilo e li campagno après quatre an de coumbat e de plour.

Dono Frederi Mistral escriguè lou 11 de nouvèmbre 1918 : « Cantas, gau de nòsti campagno, mesclas lou son de vòsti voues à-n-aquelo dóu Gau superbe de noste blasoun. Un cant d’alegresso s’aubouro de milioun de bouco. De vilage en vilage, li clouchié carrihounon e lou resson s’ausis dins la planuro esperloungado. L’armistice es signa, lis ome se tuiaran plus. O, Mèstre ama, aro toun amo pòu entèndre lou bram resplendènt dóu Gau galés que canto la Vitòri ! ».

Lou Felibrige, disiéu à Maiano, a jamai cala davans l’esprovo, a jamai fali dins lou souveni, e, la pas vengudo, a entre-tengu lou culte di mort sus lou prat bataié. Lou memouriau dóu Bos de Santo-Estello n’es la vesiblo realita e nòsti dous desplaçamen en Lourreno, en 2015 e 2018 marcon lou countùni dis ate que lou Felibrige toustèms a coumpli pèr serva la remembranço e ounoura la jouinesso sagatado.

Oumenage siegue rendu à moun davancié lou capoulié Valèri Bernard en reprenènt li paraulo que prounouncié un cop la guerro acabado : « La Pas es vengudo, la pas e la Vitòri qu’avèn proun bagnado de noste sang e mounte avèn vist nosto jouvènço segado dins sa flour. Davans la mort clinen-se e garden nòsti pensado. E lou Miejour, tout lou Miejour, emé soun sang, emé sa car, emé soun cor, emé soun amo a douna la provo sublimo de soun estacamen à la Patrìo e de sa valour. Counvèn d’abord de se remembra e de se clina davans li dous milo Catalan mort que s’engagèron dins la Legioun estrangiero e venguèron mescla soun sang emé lou nostre. Mandan à la Catalougno erouïco lou testimòni de nosto recouneissènço e de noste eterne estacamen. Noste Felibrige a reculi lou noum de si mort. Tant e tant, que si noum eternamen faran nosto glòri. Diéu li garde dins li Sants-Aliscamp ».

Dins un istant degrunaren à cha un si noum glourious.

Esprime ma sincèro gratitudo à vàutri tóuti qu’avès vougu, dins un siau reculimen, ounoura li felibre mort pèr la Patrìo. Dins aquelo pàsi naturo liuen di counmemouracioun retrounissènto, sus l’auturo de Sant-Adourni, au memouriau pacifi dóu Bos de Santo-Estello, ges d’ome en armo representa o presènt, soulet li ferre de la Nacioun gardiano : armo de Prouvènço, armo di baile e di vaquié aubourado en l’ounour di cresènço, dis d’Arbaud.

Soulet eici, li ficheiroun braca vers lou cèu rendon lis ounour is amo martiro.

Pèr sèmpre, lou sacrifice dis ome toumba dins la Marno, la Méuso, dins li Flandre, lis Ardeno, l’Artois, en Champagno, en Picardìo, au Bos d’Ailly, au Bos de Malancourt, au Mort-Homme, au Fort de la Poumpello, à Verdun, à Craonne, au Camin di Damo o encaro en milo autre funèste endré, demourara escrincela dins nòsti cor.

Lou Felibrige agroupa au pèd dóu roucas tèn vivo la flamo dóu remèmbre. Lou Felibrige, escampo sa recouneissènço, enauro sa pensado de-vers li mane de sis Ero. Lou Felibrige suplico l’astrado de douna d’envanc à la pas dins lou mounde, de coungreia mai de liberta e d’escarabiha la fraternita e l’esperanço.

Jaque Mouttet

Capoulié dóu Felibrige

Photos : Jean-Landry Nicolas, Paulin Reynard, Guy Revest.

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